Un portrait photographique du Bassin de Longwy, 40 ans après l’annonce du 3e plan acier.

Le haut fourneau couché

Une photographie plasticienne documentaire

C’est par le paysage que nous allons synthétiser notre vision, notre ressenti de la situation du bassin, autour de la notion de vide et d’absence.

Le cadrage est un acte poétique, un acte politique.

Le champ et le hors-champ traduisent une vision, nous montrons/cachons dans nos photos. Le lien au référent, essence de la photo, lie normalement l’objet et sa représentation. Nous recherchons, nous, dans une photographie frontale, comment montrer son absence. Comme dans l’art asiatique, où le vide est présence.

Des techniques multiples

Les outils conditionnent la vision. Nous utilisons de nombreuses techniques, historiques (calotype, sténopé, photographie argentique) et contemporaines (numérique, haute définition, images aériennes par autogire) comme métaphore de l’évolution de l’histoire. Format carré, panoramique, reflex numérique, chambre photographique grand format, autant d’outils que de regards.

Multiplier les points de vue.

Depuis un autogire, un train banlieue, dans la vallée, au cœur des friches, ou depuis le plateau du célèbre belvédère, la place que nous occupons donne notre point de vue.

Notre travail est une réflexion sur la frontière parfois très ténue entre le documentaire et l’art.

Nous travaillons en photographie et par le son, sur la ville et l’« absence » créée par la disparition des sites industriels, comme une syncope visuelle.
A partir du paysage et de l’humain nous dressons un portrait du bassin, sorte d’instantané de vies et d’histoires mêlées.

40 ans après le début des événements marquant la fin d’un siècle de mono-industrie, quel est le visage actuel du bassin de Longwy ?

La destruction des sites industriels a entraîné d’énormes bouleversements du paysage urbain. Comment les habitants du bassin ont-ils réagi à la disparition de leur outil de travail ?
Les habitants du bassin essaient-ils de recréer une nouvelle identité, sont-ils à la recherche de quelque chose de nouveau ? Longwy a-t-elle fait le deuil de l’époque de la sidérurgie ?
Le bassin s’est-il reconstruit un futur ? Est-il devenu une banlieue du Luxembourg ?…

Les gens
Regarder, écouter, photographier.

Portraits, rencontres, discussions, interviews : Un ancien député, un maire, des photographes, d’anciens syndicalistes, des lycéens, des habitants …
Nous réalisons un « travail de fond ». Nous allons à la rencontre des habitants et des lieux. Ceux qui ont vécu les événements et les jeunes qui ne les ont pas connus, comme les lycéens du lycée Alfred Mézières.
Nous collectons aussi des documents sur le passé (archives familiales, archives de l’ancienne bibliothèque Yves Duteil, association Amical, les éditions Paroles de Lorrain …) afin de travailler sur le présent et montrer les transformations du paysage. Autant les témoignages d’anciens sidérurgistes sur les hauts-fourneaux, que la vision de jeunes lycéens qui ont vu leur terrain de jeu, les anciennes usines abandonnées, disparaître sous les bulldozers.

Les lieux

À partir de toutes ces rencontres, nous retrouvons les points de vues historiques, comparons avant/après, montrons les stigmates laissés par plus d’un siècle d’histoire de la sidérurgie et les nouveaux points d’attraction, centres commerciaux à la périphérie de la ville entraînant la désertification du centre ville.